2076. Côte est des Etats-Unis. Megalopolis est le centre névralgique d'une guerre géo-politique mondiale depuis qu'un attentat biologique en 2026 a divisé l'humanité en deux populations bien distinctes : ceux qui se battent pour le futur, et ceux qui font avec le présent.
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 [CLOS] [Marshall/Amber] Predator & Prey

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Amber Trent
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Sanctuaire
Juillet 2074



Le Sanctuaire a cette incroyable particularité d’être aride en tout temps de l’année. On peut dire merci à la déforestation intensive au court des dernières décennies plus au conséquences du changement climatique. Un fois sortit de Megalopolis et de sa forêt de buildings, en allant vers l’ouest c’était le désert. Curieusement, c’était là où je me sentais le plus chez moi.

Je venais de déposer ma voiture chez un garagiste : Phil, un petit bonhomme d’une soixantaine d’années qui a toujours vécu ici. Il avait l’habitude pour faire passer le temps de fabriquer des jouets pour enfants dans son atelier. Oui, ce n’était pas qu’un simple garage. Il y avait tout ce qui était nécessaire pour réparer une voiture, une moto mais aussi n’importe quelle machine mécanique. Ma voiture étant une relique, c’était le meilleur endroit pour trouver les bonnes pièces détachées et la remettre d’aplomb.

_ Il y a drôle de bruit dans le moteur. Tu crois que tu pourras jeter un coup d’oeil ?
_ Bien sûr ma toute belle. N’importe quoi pour toi.
_ Ah quel tombeur ce Phil.

Je partie en riant après avoir déposé mes clefs. Le garage était sur le bord de la route mais en retrait. J’avais des fleurs dans un pot entre les mains. Je savais que je devais marcher environ 30 à 40 minutes à pied en fonction de mon rythme pour arriver à l’endroit que je désirais. C’était un large pot de plantes grasses différentes sortes au couleurs vives. Marcher autant ne me dérangeais pas, j’avais une tolérance plutôt élevée à la chaleur, sûrement une histoire de gênes.

Ma marche était soutenue et régulière et au bout d’une vingtaines de minutes je voyais déjà mon but. Etant donné que le sol était extrêmement plat, je pouvais voir l’arbre décharné qui fut un temps un saule pleureur au loin. Il ne restait que le tronc et les branches. Cela me fendait le coeur.

Arrivée à destination, le tronc était assez large pour offrir assez d’abris contre le soleil. J’ai sorti ma gourde de ma sacoche pour m’hydrater ainsi qu’une petite pelle et un gant. Aux pieds l’arbre j’ai planté l’offrande avant de l’arroser. «  Pour toi Reza. » j’ai célébré en vidant l’eau dessus.

Je suis restée un moment à réfléchir et à emmagasiner de l’énergie parce que j’en avais besoin. Je ne pourrais pas dire exactement combien de temps est passé. Ce que je sais, c’est que ce qui m’a tiré de ma sorte de méditation était le bruit du vent au loin. Je savais pertinemment ce que cela voulait dire : tempête de sable.




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Marshall Marquez
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La ville c’est très vite fatiguant. Ouais y’a les hauteurs tout ça, je me perche en haut d’un immeuble et je me nourris du bruit et de l’odeur des gens mais…. Mais quand tous vos sens sont décuplés franchement, croyez-moi, à la longue c’est chiant. Sur cette foutue planète il y a pourtant un endroit. Un lieu qui me ressemble : le Sanctuaire.  Cette étendue de sable, ces quelques arbres décharnés, et surtout ce soleil. Franchement pour un mec comme moi cela ressemble presque au paradis, chaque grand félin cherche un endroit où il peut se sentir maître, un territoire dans lequel s’épanouir, moi c’était ce coin-là.

Ce jour-là je m’étais trouvé un petit arbre mort au soleil où je me dorais la couenne.  Perché, je grognai assez fort pour éloigner les importuns, et pouvoir tranquillement faire une cure comme un gros chat paresseux. Finalement aujourd’hui, c’est ce côté-là de ma fusion animale qui ressortait. Et ça me plaisait. Enfin… Le bruit me sortit de mon glandage intensif. Quelque chose approchait sur moi, et c’était quelque chose de gros. Dans un grognement mécontent je sautais au sol, m’étirant, tee-shirt dans une main que je balançais sur mon épaule sans même prendre le temps de le remettre.

Bon cela signifiait que la balade était terminée et que je devais rentrer. Super. Retour à la ville, aux immeubles, aux voitures qui puent et aux hommes qui ne sentent pas vraiment meilleur. Et alors que je marchai vers la route quelque chose attira mon attention. Ce fut d’abord une fragrance qui effleurait mes narines, un petit goût fruité, légèrement sucré, quelque chose d’agréable, de doux, l’odeur d’une femme, et elle n’était pas loin. Je devais aller voir. D’abord parce que dans ce coin une femme seule c’était vraiment étrange. Et ensuite parce qu’aussi chiant que ce soit, je ne pouvais pas la laisser dehors sans la prévenir qu’un truc louche nous arrivait sur la tronche. Je m’approchais d’elle doucement, contre le vent pour cacher mon odeur, comme tout bon prédateur qui soit. Sans même me rendre compte j’adoptais les techniques de mon animal totem.

Mon nez ne m’avait pas trompé – en même temps l’avait-il déjà fait ? – une petite jeune femme était là assise sous un arbre, enfin ce qu’il en restait. Vraiment pas mal d’ailleurs la gamine. Avec ses longs cheveux bruns, sa peau légèrement cuivrée, et sa taille version oiseau mouche, je pense que j’aurai pu la porter d’une main sur mon épaule et oublier qu’elle était là, reniflant une fois de plus, je m’imprégnais de son odeur. Oui aucun doute c’était elle, je crois qu’un parfum aussi agréable je n’en avais pas senti depuis bien longtemps. Je me redressais, j’oubliais à chaque fois qu’un mec qui débarque dans votre dos, qui fait 1m93, et que vous n’avez pas entendu, peut avoir tendance à stresser les gens. D’autant plus quand il débarque torse poil, juste habillé d’un treillis, et couturé de cicatrice, mais je suis comme ça on n’allait pas me refaire ?

J’attendais patiemment voir si elle sortirait de sa contemplation, et ce fut le cas. Bien… Cela voulait dire que c’était à moi de jouer.

 «  Tu sais je ne pense pas que rester sous cet arbre soit une super idée vu ce qui s’approche. »

Les bras croisés sur le torse, un sourire plaqué sur les lèvres, je fixai celle que j’avais prise en chasse dès que j’avais senti son parfum, ronronnant sans m’en rendre compte.



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Amber Trent
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Si j’étais ici et pas ailleurs c’était pour commémorer les esprits. Je voulais le faire à la manière de mes ancêtres, bien que je n’avais pas été élevée dans cette culture là, je pensais que c’était un bel hommage pour des personnes qui étaient si proche de la nature : deux Elementaires et une Dreamer. J’ai sorti de l’encens et une coupelle de ma sacoche que j’ai allumé et tenu haut dans l’air. Je ne connaissais aucun chants alors je me mise à chercher des souvenirs dans ma mémoire. Le problème était que je n’en avais pas.

Je le faisais pour les parents de Maddison et Logan mais aussi pour ma mère. Tout ce que je pouvais faire c’était de ma raccrocher à un souvenir de mon père, son allure, à quoi il ressemblait : ses cheveux bruns, sa haute stature, sa dégaine de baroudeur, sa peau cuivrée et ses yeux d’Ambre comme les miens. Et puis d’imaginer comment ce groupe d’amis étaient bien avant que tout cela tourne au drame. C’était comme recréer un fragment du passé.

A un moment, je me suis même surprise à y arriver si bien, que je pouvais voir la silhouette de Chase, mon père en face de moi. Or, de ce que je savais il n’était pas mort alors j’ai eu un moment de sursaut qu’il m’a sorti de ma rêverie.

J’ai haussé un sourcil tout en ayant un moment de recul face à la personne en face de moi. Ce n’était pas un endroit particulièrement fréquenté et c’était bien la première fois qu’on m’abordait ici. Je ne reflétait pas une joie immense à l’idée. J’ai prononcé un début de juron avant de me redresser.

_ Qu’est-ce que tu en sais ?

J’ai reluqué le bestiot. Je n’étais pas insensible à sa musculature, ni aux imposantes cicatrices, j’avoue que cela lui donnais un certain sex-appeal. Et puis sa ressemblance en terme d’attitude avec Chase était troublante, mais il n’avait pas du tout la même construction faciale ce qui marquait une distinction suffisante pour estomper le « weird effect » .

_ Je veux dire, qu’est-ce qui te dit que je suis en danger ici ?

Il y avait une pointe de malice dans mes paroles, je n’allais pas me laisser faire sous le prétexte de la surprise. Mais ce qu’il y avait surtout était une profonde désinvolture envers ce qui se profilait à l’horizon. Cela ne m’effrayait pas le moins du monde.




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Elle avait du cran, c’était un fait. La moitié de la population de la ville se serait enfui sans demander son reste en me voyant débarquer. Et pourtant pas elle. La tête penchée sur le côté je la fixai. Non non elle n’était pas aveugle, elle m’avait même bien regardé à ce que je pouvais voir, et cela me tirait un sourire. Et pourtant… Malgré le léger recul elle ne semblait pas du tout avoir l’envie de partir, elle ne semblait pas vouloir fuir.

« Ho moi ce que j’en dis tu sais… »

Je reniflais un instant, ça s’approchait, je le sentais. Vous savez ce truc qu’on dit depuis des années comme quoi les animaux peuvent sentir les tempêtes avant qu’elles n’arrivent ? Je peux vous confirmer d’expérience que ce ne sont pas des dires. Moi je les sens, je sais quand le temps empire, je sais quand quelque chose ne va pas. Mon regard se perdit un instant à l’horizon, avant de se poser de nouveau sur la charmante compagnie que j’avais face à moi. Je souriais même. De ce sourire qui dévoilait mes canines, mon dos fut pris d’un léger frisson, s’arrondissant comme un chat qui s’étire. Ouais si on restait là ça allait mal finir, excepté si elle avait une tente en dure dans son sac qu’elle pouvait déplier en claquant des doigts. Mais pour ça il faudrait qu’elle se colle à moi, cela m’étonnerait franchement que l’idée lui plaise. Je reniflais une fois de plus, regardant le ciel, analysant ses changements.

« Je sais juste que quelque chose approche, et que ça ne sera pas beau à voir. M’enfin, moi je ne juge pas hein…. Si tu veux rester dehors sous la tempête libre à toi… »

Le léger grognement que je poussai derrière ne laissait aucun doute. Non cela ne serait pas calme. Tout en moi vibrait au danger qui approchait. Pourquoi elle ne le sentait pas ? Tout son barda sur le sol, ça ressemblait à une sorte de rituel, un truc que je n’avais d’ailleurs pas vu depuis des années. Y’avait bien ce lieutenant dans la compagnie qui faisait ça, mais incapable de me souvenir pour quel raison. Enfin ce n’était pas très grave. Le seul truc qui comptait vraiment c’est qu’elle était là, seule, dans un endroit pas franchement accueillant avec un enfer prêt à nous tomber sur le crâne. Et j’avais beau être un animal, je n’en restais pas moins certain qu’une jeune femme comme elle risquait bien plus qu’elle ne semblait le croire. Mon regard se promena de nouveau sur elle, alors que je m’approchais un peu plus. Elle reculait, je m’approchais, c’était logique en soit. Bizarrement j’avais l’impression d’être un prédateur face à un tout petit animal… mais alors que je reniflais une fois de plus, je ne sentais rien. Pas de peur, rien … Tout cela ne semblait pas l’inquiéter le moins du monde, et cela me troublait légèrement.

«Je sais pas vraiment ce que tu fais dans le coin. Mais ça m’embêterait vraiment de devoir ramasser une si jolie fille éparpillée et en miette dans les 4 coins du désert. »

Je la détaillais mieux, elle était superbe. Et dans une de mes périodes un peu…. Spéciale. Je pense même qu’elle m’aurait attiré comme le miel attire les ours. Mais là franchement… Tout ce que je voulais c’était la mettre à l’abri. Je sais je sais… C’est un peu étrange quand c’est dit par un animal en rut pendant presque un quart de l’année. Mais elle avait un truc, peut-être son assurance, ou la différence de gabarit entre nous. Je ne sais pas l’expliquer.

« Boarf… Au pire je te plaquerai contre moi quand il faudra mais faudra pas venir te plaindre après que je t’ai touché ! »

Et je m’adossais là, contre l’arbre, sans autre forme de procès. Les bras derrière mon crâne, mon sourire toujours planté sur mes lèvres, mes canines à l’air libre. Un gros chat qui prend ses aises en gros. Il nous restait peu de temps avant que cela ne nous tombe sur la gueule. Mais je n’avais aucun doute sur mes chances de survie. Après tout… J’avais déjà vécu l’enfer sur terre, il pourrait bien revenir, que je botterai le cul à Lucifer lui-même une deuxième fois.



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Amber Trent
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En soit, je n’avais pas besoin de son avis. Je n’avais pas finit mon rituel de la manière dont je l’avais imaginée et cela me froissait. Peut-être que c’était pour cela que le sable s’élevait.

_ Merci de t’inquiéter pour moi. C’est charmant mais je sais me débrouiller toute seule comme une grande.

Mais le voir réagir de la sorte provoquait en moi une certaine curiosité. Le genre qui me donne envie de titiller et d’en savoir plus. J’analysais son attitude. Sous son allure de malabar il faisait preuve d’un sorte de grace étonnante. Son sourire était communicatif. Pourtant, j’avais du mal à comprendre parce que cela était contradictoire. En tout cas, il avait éveillé mon intérêt et je ne lâche pas facilement l’affaire. Je voulais le déchiffrer.

La tempête se rapprochait. Le vent soufflait. C’était tout ce qu’on pouvait entendre. Pas d’oiseaux, ni d’autre animaux. Je me suis mise à ranger mes affaires dans ma sacoche et à tout rassembler.

_ La tempête sera ici dans 35 minutes. 38,4 minutes pour être précise. Si tu as de bonnes jambes, il y a un garage où tu peux trouver refuge en suivant tout droit cette route, en lui indiquant la direction. Je n’avais aucunement besoin de lever les yeux pour savoir, je le sentais.

J’attendais le moment opportun pour lui faire la révélation sur mon pouvoir. J’entretenais une sorte de suspense dont je me délectais à observer les effets. Il restait perplexe et décomposé. C’est vrai qu’en temps normal, n’importe qui aurait pris ses jambes à son coup. Or, je ne suis pas n’importe qui.

Ce qui était certain, c’est que je n’étais pas en position de proie. J’étais sûre de moi et je me sentais en situation de contrôle parce que j’en savais plus que lui. C’était un échange intéressant. Je me suis mise à rire à sa dernière phrase. Non pas que l’idée de me retrouver plaquée contre lui me déplaisais. J’ai levée les mains en l’air. Entrant faussement dans son jeu, c’était presque une danse.

_ Tout doux sexy-beast ! Ce serait une terrible corvée ! - je gardais mon sourire malicieux - Je ne te rassure, ce ne sera pas la peine.

Il avait pris ses aises sur le tronc du saule. Je le voyais presque comme un affront à la mémoire de l’esprit que j’avais honoré. Je n’ai rien dit, mais en tout cas, dans le mien d’esprit je comprenais pourquoi les éléments étaient sur le point de se déchaîner. Il y avait quelque chose de félin en lui, presque de l’ordre du tigre ou bien du lion. Je n’arrivais pas à trouver ce que c’était et cela me contrariait intérieurement.

_ Tu n’as aucun soucis à te faire pour moi. Va trouver un abris tant que tu peux encore.

J’ai secoué la tête. Je faisais très bien sans lui jusque là et je le ferai encore. Foi de Trent !




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Et elle continuait de ne pas se démonter. Elle lui donnait même des conseils pour rentrer.. A lui ? Alors là… Là elle était épatante. Troublante même. Et franchement, attirante. J’avais envie de danser un peu autour de ce feu follet qui m’intriguait. Je me faisais encore plus l’effet d’un félin, à chaque phrase qu’elle me disait. Y’avait un truc chez elle d’étrange. Sa capacité à savoir exactement quand arriverait la tempête, son assurance.

Allongé contre l’arbre j’ouvrai un œil… Non vraiment… Elle me conseillait à moi un abri. En un mouvement, vif, sans forcer, je me retrouvais en équilibre sur la pointe des pieds, accroupi sur le sol, les bras sur mes genoux, la tête penchée de côté à regarder la jeune femme. Je la détaillais. Elle faisait quoi ? La moitié de mon poids. Je ne doutais pas de ses capacités mais… Nous avions tous nos limites, même moi. Alors qu’est-ce-qui pouvait la rendre certaine de mieux résister à ce qui arrivait que moi ? Je poussais un profond soupir, qui comme toujours se transforma en rugissement guttural, sourd. Un jour j’apprendrai à contrôler ça… Ou pas.

« Tu es… Captivante, tu le sais ? »

Je reniflais un peu plus. Rien... Pas de peur, pas de terreur, rien… Si ce n’est ce doux parfum fruité et sucré que j’avais senti précédemment. Je poussais d’un coup sec sur mes jambes, me retrouvant dans son dos, à quelques centimètres d’elle, les lèvres au-dessus de son épaule, je la reniflai un peu plus.

« Mais qui te dis que j’ai besoin de fuir quoique ce soit ? » ma voix était basse, un ronronnement résonnait à chaque fin de mot « Et qui te dis que ce n’est pas moi le danger ? »

Je laissai mon torse effleurait légèrement son dos, avant de m’éloigner en riant. Non décidément cette femme était… Epatante.

« Tu sais j’en ai croisé des gens dans le coin. Mais j’avoue… Jamais des comme toi. Tu es… Spéciale. Et je ne sais pas pourquoi, quelque part, j’ai comme envie de savoir qui tu es. »

Oui, elle avait un truc à elle, un truc bizarre que je ne comprenais pas. Je me faisais l’effet d’un chaton qui découvre un nouveau truc, je tournai autour d’elle, jusqu’à me trouver en face. Je plongeais mon regard jaune dans le sien. A la recherche du secret qu’elle cachait. Mais dieu qu’elle était belle… Franchement l’animal en moi réagissait bien plus que je ne le pensais. Et encore heureux, je contrôlais encore assez mon dégagement de phéromone pour pas que cela ne se transforme en carnage.

« Marshall. Marshall Marquez. A ton service. Ce sera toujours plus facile que de m’appeler Sexy-beast ? »

Je souriais sincèrement, elle avait du cran, et même si mon instinct continuait à vouloir la protéger, je me disais de plus en plus qu’elle n’en avait pas besoin.

« Et je dois t’appeler comment? Etonnante apparition ? Captivante inconnue ? Délicieuse rencontre peut être ? »



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Amber Trent
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Lequel d’entre nous était le plus étrange, je n’aurais pas su le dire. Il y avait un magnétisme indéniable mais j’essayais de ne pas tomber directement dans le panneau. Je l’avais déjà remarqué avec d’autres Positifs, de par mon pouvoir j’attisais quelque chose que je ne définissais pas encore mais qui était de l’ordre de la curiosité.

Je ne sais pas exactement ce qu’il fichait dans mon dos, mais je n’ai pas tourné la tête. J’entendais qu’il me reniflait. Et un point en plus dans le « weird factor » ! Il était maintenant clair qu’il était tout sauf Négatif. La bestialité de ses mouvements me le confirmait. J’ai froncé les sourcils et j’ai à moitié ris sur le mot « Captivante », je gardais ma retenue sans pour autant montrer un signe d’abandon. Dans ce genre de rencontre impromptue au milieu du désert, c’est quelque chose qu’on évite. La raison pour laquelle je n’avais pas peur, c’est que je n’avais qu’à tout moment, contrairement lorsque j’étais en ville, je pouvais me protéger.

_La fuite reste la meilleure des options de survie. A moins d’avoir certaine prédispositions pour survivre ce qui va arriver.

Je devrai noter, placarder cette citations et l’envoyer à mon père. J’étais assez fière de ce que je venais de dire, cela prouvait au moins que j’avais retenue la leçon. La stature imposante de mon interlocuteur servait de post-it.

_Non, je n’ai pas peur de toi.

Mes cheveux étaient remontés en une queue de cheval, par soucis pratique à cause de la chaleur, mais de ce fait, je pouvais sentir son souffle sur ma nuque. J’étais sur un terrain glissant, parce que je savais que c’était typiquement cette façon là je jouer au chat et à la souris qui me rendait dingue. De tout mon esprit, je blâmais mes gênes du côté paternel. Quand votre père manipule le feu, forcément, il y a des restes. Heureusement que ma mère avait un pouvoir passif de Dreamer, ça aurait compliqué les choses. Mais en y réfléchissant, elles l’étaient déjà assez. Il y avait certain aspects de mon pouvoir que je ne m’expliquais pas encore. Cette tempête, je savais que j’étais capable de la supporter. Le comment restait encore à être développé… Disons que c’était la partie imprévue qui s’était immiscée là et qui me distrayais de mon plan. Tellement que cela me demandais une concentration accrue. Je pouvais déjà sentir les grains de sable se mettre à parcourir ma peau, drainés du sol un à un.

Mes yeux ambrés prenaient une couleurs plus intense, je l’ai poussé sur son torse, soudain les idées me revenant à l’endroit.
_ J’en ai vu d’autre comme toi. Il restait un homme, et moi une femme et les inégalités existantes me revenaient en pleine figure. Je ne peux pas en dire autant. Alors pas la peine d’utiliser des grands mots, ou quoique ce soit du genre !
J’étais jeune, mais j’avais des fortes convictions, et j’étais contre objectification de la gente féminine en plus de défendre les droits des Positifs. Ce qui dans notre monde, faisait beaucoup. Je n’allais pas le laisser avoir par ses allures de Don Juan .Je n’étais pas juste un fruit délicieux qu’on mange à son envie. J’avais des épines.

Est-ce que j'avais envie de savoir qui était-il ? Bien sûr ! Parce que j’étais fascinée et que j’approuvais de l’attirance. Or c’était purement de l’ordre du désir absurde, et c’était pourquoi j’enclenchais ce qu’on pourrait appeler mon mécanisme d’auto-défense. Je me suis reculée, comme pour me détachée d’une certaine façon de son emprise. Contrôler mon instinct, j’y arrivais très mal. Et la dernière fois que quelqu’un s’est frotté à moi pendant que j’étais dans cet état là, j’étais à l’origine de la tempête…

_ Sincérement, le service que tu peux me rendre c’est de partir à l’abris au plus vite.

A ce stade là, on ne pouvait plus se mentir. Le vent se rapprochait de plus en plus. Je crispais mes doigts comme des serres et je sentais déjà le sable s’agglomérer sur mes phalanges.

_ Amber Trent. Et… je suis dans mon élément. Littéralement.





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Marshall Marquez
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Cette conversation me faisait douter. Qu'est-ce-qu'elle savait que j'ignorai. Une chose était sûr cependant: pour se comporter avec autant d'aplomb elle était soit une positive, soit complètement tarée. Rien que le "je n'ai pas peur de toi", me décrochai un sourire. C'était bien la première fois. Enfin c'est pas tout à fait vrai, mais les gens avaient forcément un léger mouvement de recul en ma compagnie, une réserve. Pas elle.

Je me suis réaccroupi, en équilibre sur la pointe des pieds, les bras reposant sur mes genoux. Ma tête se penchait alternativement à droite, puis à gauche, fixant la jeune femme.  Fuir? Moi ? Je ne fuyais pas... Je me retournai dents aux clairs, et j'affrontai le soit disant danger qui me faisait face. Je leur montrais c'est qu'une bête acculée pouvait faire, je leur montrais ce qu'était la fureur.


Mais au delà de l'attirance classique que pouvait provoquer cette femme, au-delà même du fait qu'elle soit naturellement belle, il y avait autre chose... Quelque chose en plus, un magnétisme supplémentaire, que je tentais de comprendre. Elle était vive, pleine de force, d'énergie et surtout.... Sûre d'elle.

Et plus notre petite conversation avançait, plus je sentais les frissons qui me prenaient dans le dos.. Ça allait bientôt nous souffler au-dessus du crâne. Je tournais la tête, observant le ciel un instant, n'arrivant pas à retenir un grognement, avant de me redresser et de me rapprocher d'elle qui s'était éloignée. Comme auparavant, elle s'éloigne, je m'approche.

"Tu connais beaucoup de comme moi?" je dévoilais mes canines de félin en souriant" Va falloir que tu me les présentes alors!" je tournai autour d'elle quelques secondes avant de venir me planter en face."Moi ce que j'en dis tu sais... Je te trouve spéciale et captivante, si le dire est un crime il faudra peut être que j'aille me constituer prisonnier?"

Et je lui tendais mes mains comme un accusé tend ses poignets pour qu'on lui passe des menottes, un sourire amusé plaqué sur les lèvres.

"Amber Trent... Enchanté de vous rencontrer. Et ne vous inquiétez pas pour l'abri. J'ai déjà vécu bien pire !"

J'avais connu toutes sortes d'intempéries en mission avant ma transformation, et après. Je me savais parfaitement capable de survivre, je n'en avais aucun espèce de doute.

Là au-dessus d'elle, je pouvais sentir son odeur, qui emplissait mes narines, et plus je reniflais plus mes instincts animaux devenaient incontrôlables. Je me serai écouté.... Non je valais mieux que l'animal que je renvoyais au fond. Elle exerçait juste sur une moi une fascination que je ne comprenais pas. Au-delà de la fascination habituelle.  Au-delà du désir purement bestiale que je pouvais parfois ressentir, elle avait... Un plus.. Et c'est ce plus que je voulais comprendre, quitte à braver une tempête.


"Mais je ne partirai pas d'ici, pas sans toi, et vu que tu as décidé de rester, je pense que les choses sont claires" je désignais d'un geste le désert autour de nous "Je suis fait pour ce milieu, fabriqué pour résister à ça, c'est pas un coup de vent qui changera la donne" j'approchai mon visage du sien, braquant mon regard au fond de ses yeux "Amber, tu me captives plus que toutes les personnes que j'ai pu croiser avant toi. Autant que ton odeur, que ce que tu dégages m'attire, c'est normal" je reniflais "y'a quelque chose de sucré, un goût fruité qui émane de toi, c'est particulièrement attirant... Mais ce qui est plus rare c'est que l'humain en moi ressente ce magnétisme, que je réagisse aussi bien sur un plan que sur l'autre... Et c'est ça que je cherche à comprendre."

Mon regard ne lâchait pas le sien.

"Qui es-tu Amber Trent?"



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Amber Trent
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Il y avait plus de doute à avoir sur sa nature. Mais cela ne m’empêchait de continuer à me poser des questions, en vrac à l’intérieur de ma tête. Lorsqu’il a joint ses mains, après avoir mis en avant ses canines, je me suis mise à rire doucement. Décidément, il avait quelque chose pour la théâtralité, un autre aspect qui me rappelait mon père. J’ai secoué la tête, pour chasser cette idée là.

«Ça dépend. Est-ce que tu es une sorte de loup-garou ?! » Des personnes mi-humaine mi-bête, j’ai toujours relégué ça aux légendes urbaines, mais après tout, grâce à la science tout est possible. Je restais perplexe. « Je connais pas mal de Positifs, mais je n’arrive pas le doigt sur ce que tu es. » en haussant un sourcil.

Je ne détachais plus mon regard du sien, je n’y arrivais pas et en même temps, je n’en avais pas envie. Au loin, la tempête se faisait de de plus en plus présente, je sentais chaque parcelle et la portée du souffle.

« Si tu es fait pour résister un milieu pareil, alors ça tombe bien parce que je peux le maîtriser. » J’ai levé la main et un filet de sable s’est enroulé sur mon bras comme un ruban. « Je suis capable de le modeler comme je veux et c’et pour ça que je suis persuadée de réussir à supporter cette tempête. Je veux me prouver que je peux et je veux tester mes limites. » Est-ce que c’était suffisant comme explication ? Ce n’était qu’une partie de l’iceberg de mes motivations.

Je ne savais pas si je devais me sentir flattée ou non par ce qu’il me disait. Ça l’était en quelque sorte, mais le côté : ''Inconnu qui se pointe au bon moment’’, j’avais du mal à le croire. De manière simple, je ne crois pas au coïncidences. Quand on connait des personnes qui figent et qui remontent le temps, ça enlève se genre de croyances.

« Sincèrement, je ne sais pas exactement d’où cela provient. Si c’est directement lié au fait que je sois positive ou bien si c’est pour une autre raison.» J’ai tourné la tête pour me redonner un aperçu de la tempête avant de revenir à lui.

« Je dois avouer que tu attises aussi ma curiosité et je n’arrive pas à non plus définir pourquoi, ni quoi en penser. »

Entre mes doigts, en alternant leur mouvement, je jouais avec le sable en suspension dans l’air. Inconsciemment, c’était un moyen de m’échauffer, de me mettre en condition pour ce qui allait venir. Je devais trouver une idée, visualiser comment j’allais modeler cet élément pour en survivre. Conceptualiser une solution et la tester sur le tas. Le truc, c’est que j’étais sans filet, et je n’avais qu’une seule chance. Peut-être qu’au final ce n’était pas un mal de ne pas être toute seule. J’avais encore un peu trop de fierté pour me l’admettre.




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Une sorte de loup-garou. Celle-là on ne m'avais jamais faite! A tel point que je me mis à rire. Oui d'un certain côté on pouvait voir ca ainsi. A part que j'étais constamment sous ma forme modifié, que mes instincts animaux étaient presque plus fort que mes instincts humains. Parfois je me demandais si j'étais pas plus un humain-garou, plutôt qu'un félin-garou. Cela poussait à réflexion sur l'être et le paraitre de l'être que je suis... Ouais genre j'allais avoir ce genre de réflexion? J'étais moi et c'était déjà bien assez!!!! Je lui adressai donc un sourire carnassier, la laissant à son questionnement sans répondre. Après tout... Tant que je n'aurai pas compris ce qu'elle était je n'allai pas lui révéler mon propre jeu. Nous étions dans une chasse, et cela vous étonnera peut être, mais j'ai toujours préféré être le chasseur.

Elle ne lâchait pas mes yeux, et plus elle restait en contact, plus je perdais mes moyens. Je sentais des frissons qui me prenaient dans le dos, une réaction étrange. Non pas que l'animal en moi n'avais jamais ressenti de l'attirance, c'était bien plus souvent qu'il ne fallait pour le dire, mais... Mais ce qui était étrange c'est que l'humain en moi réagissait aussi. Je n'arrivais pas à me détacher d'elle, comme si quelque part elle m'hypnotisait complètement. Enfin.... Jusqu'au filet de sable. Là d'un seul coup tout s'expliquait. Voilà pourquoi elle ne craignait pas ce qui arrivait. J'aurai pu fuir, j'aurai du peut être d'ailleurs, et je pense que la majorité des humains de la planète en aurait fait autant. Après tout... Nous étions entouré de sable, qui sait ce que son pouvoir serait capable de faire. Mais.... mais je n'étais pas la majorité des humains et au lieu de cela je me mettais à sourire.

"Alors c'est ça ton secret. J'ai l'air malin moi avec mes tentatives pour te sauver du sable qui arrive. "

Je l'écoutais m'exposer le reste. Ainsi il y avait bien quelque chose de magnétique, quelque chose d'attirant, ce n'était pas que je devenais taré, quoique je l'étais déjà un peu. Non elle était ainsi. Pouvoir ou pas. Et sur moi cela avait un double effet. Entre sa capacité et ce qu'elle dégageait, mes sens devenaient dingue. Mais je me reculais légèrement, ne lâchant pas son regard, mes muscles se tendaient à la tempête qui approchait, mais je lui souriais, toujours... Elle était... Elle était elle, c'était le mélange de tout ce qui constituait la femme que j'avais face à moi, qui lui donnait ce pouvoir incompréhensible sur moi. Je haussais par contre un sourcil quand elle mentionna sa curiosité. Souriant encore plus.

"C'est le côté animal ca... Ou peut être que ce que tu provoques en moi me fait relâcher des phéromones que je ne contrôle pas, qui sait." je jetais mon tee-shirt qui traînait toujours sur mon épaule au sol, avant de croiser mes bras sur mon torse "Mais vu que tu m'as donné ton secret c'est à moi de te dire ce que je suis. Je suis un totem. Je suis lié au léopard. J'ai pris de lui beaucoup de choses, et notamment ses instincts et son odorat." je désignais d'un geste ample la zone autour de moi "Je ne crains pas grand chose dans le coin. C'est un peu comme un prédateur dans sa zone de chasse. Je sais tout ce qui s'y passe, je sais qui y pénètre, qui en sort, ici c'est... Chez moi. Et aujourd'hui quelque chose de différent a attiré mon attention, et c'était toi. Je ne sais toujours pas vraiment ce que tu me fais, mais je sais que l'humain et l'animal en moi refuse de te laisser prendre des risques sans avoir la possibilité de te protéger."

Je m'éloignais encore un peu, m'asseyant en tailleur sur le sol, sans lâcher ses yeux, mon sourire toujours fixé sur mes lèvres.


"Alors montre moi ce que tu es capable de faire! J'aime voir quelqu'un repousser ses limites, ce serait criminel si je ratais ça."


Mon sourire se fit encore plus grand, dévoilant mes canines. Je devais la laisser se concentrer, je devais la laisser faire.

"Surtout ne te retiens pas pour moi, fais comme si je n'existais pas. "

Dixit le mec de presque 2 mètres à moitié à poil sur le sol. Je ne voulais de toute façon pas la quitter des yeux. Premièrement car j'avais peur qu'elle disparaisse et que je ne la revois plus, et deuxièmement car si jamais quelque chose foiré durant son test je voulais pouvoir intervenir dans l'instant.



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Amber Trent
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Son éclat  de rire soudain m’a laissé sur ma faim. J’aurai espéré un indice, aussi petit soit-il mais je n’ai eu que son grand sourire en retour. J’ai froncé les sourcils, ne sachant pas quoi penser exactement ni sur quel pied danser. Mes déductions allaient rester de côté un moment, j’avais d’autres soucis important comme… une tempête à gérer.  

«  Je t’avais prévenu que je pouvais me débrouiller par moi même. C’était pas des bobards. »  

J’ai fait passé le courant de sable de ma main droite à ma gauche pour le séparer sur mes deux bras. Ils s’étaient mis à tournoyer de plus en plus vite, formant presque des boules de sable. Cela me permettait de garder une partie de ma concentration et de me pas me noyer dans son regard.

Etait-il vraiment en train de me parler de testostérone pour expliquer l’effet que je lui faisais ? Balancer son t-shirt n’aidait pas, et je me surprenais à détailler sa musculature. Un totem… j’en avais entendu parlé effectivement, sans pour autant en avoir confronté un directement. En tout cas, ce qu’il m’expliquait était ce que j’avais entendu de plus convaincant jusque là.

«  Ok, admettons que je te crois. En tout cas pour la partie : j’ai mis un pied dans ton territoire et tu te sens concerné»  La partie sur la protection me laissait dubitative et un peu trop forcée.  Il s’est placé en retrait, à côté de l’arbre qui formait une protection.

C’est à cet instant que j’en ai profité pour me retourner et faire face à la bourrasque. J’ai étendu mes mains en l’air, chacune exerçant une force centrifuge sur le sable grâce à ce que j’avais fait un peu plus tôt. Ce que je voulais tenter de faire, c’était d’en avoir assez pour former une barrière protectrice. Au départ, j’avais pensé à créer un dôme, mais en y réfléchissant cela me faisait perdre de l’énergie et de la matière. La tempête était frontale, donc ce que je devais faire était créer un bouclier, suffisamment grand pour moi et Marshall.  

J’avais encore assez de temps pour élever un rempart. Ce que je devais calculer c’était de le faire assez haut et large pour une protection optimale. Un autre paramètre était de sculpter une forme aérodynamique la plus régulière possible pour que de cette façon le vent exerce le moins de force. C’est ce que je me suis hâtée de faire du mieux que je pouvais le faire. Le mur bombé faisait environ 3 mètres de haut et se recourbait en direction du saule pleureur. Le seul soucis c’était qu’il n’était pas très épais, un mètre tout au plus. C’était là où je devais me concentrer. Je pensais le faire de manière progressive, dès que des signes de fissures apparaîtraient. Je me suis mise à couvert, à côté de Marshall.

«  Maintenant on attend. Et pour l’instant mon idée est plutôt simple, c’est de la défense pure. Si le mur montre des signes de fatigue, je m’en occuperai. »




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Marshall Marquez
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Sa démonstration était impressionnante. Je la regardai faire, sans bouger, admirant son talent, admirant son pouvoir, admirant la femme aussi, mais ça je le gardai pour moi. Ainsi elle comptait réussir à nous protéger, faut dire que son mur semblait solide. Mais une question restait en suspend. Était-elle assez maîtresse de son pouvoir pour tenir ça durant toute la tempête? C'est vrai, que c'était du costaud, du moins que ca en avait l'air. Mais on parlait d'une tempête, d'un évènement climatique, de la colère de la nature. Pas le genre de truc dont on sort juste en sifflotant, enfin, quand on est un humain.

J'admirai son œuvre quand elle vint me rejoindre. Et ma concentration en fut perturbée immédiatement. Il est compliqué d'expliquer les sentiments contraires à cet instant précis. Comme tout animal la tempête mettait mes sens sans dessus dessous, je sentais des frissons dans mon dos, les poils de mes bras qui se hérissaient, l'air été chargé d'électricité et mon corps réagissait. Et puis il y avait elle... Elle dont je n'arrivai pas à détacher mon regard, elle qui provoquait en moi cette sensation étrange de désir et d'attirance. J'étais tiraillé et elle en était la cause. Je voulais m'approcher un peu, l'entendre respirer plus près, sentir son souffle, m'enivrer une fois de plus de son odeur, mais elle devait se concentrer, ce qu'elle faisait à cet instant était important pour elle, ca se sentait.

Et surtout je devais rester sur mes gardes. Si jamais cela tournait mal, je devais pouvoir intervenir. Le sable ne devrait pas la faire souffrir, et je pourrai aisément la caler dans mes bras, me retourner, et faire un rempart de mon dos.  Je morflerai sûrement un peu, mais au final je me savais capable de rester sur place, sans bouger, et surtout, elle était bien assez petite et fluette pour être en sécurité une fois contre moi.

Je m'approchai... Plongeant mon regard dans le sien, mon torse la touchant presque, comment une femme comme elle pouvait dégager autant de puissance. Yu en avait fait des choses dans nos vies, modifiant notre vision, modifiant ce qu'on était. Moi finalement, ma mutation n'était que le reflet de ce que j'avais toujours été. Mais elle?

"Ainsi c'est toi qui va nous protéger... Intéressant.  Au final je suis le gentil chaton qui vient chercher un abri c'est ça ? "

C'était même cocasse quand on y pensait. Moi qui était persuadé de devoir veiller sur elle, je me trouvai sous sa protection. Je pense que cela en aurait fait rire plus d'un.

"Tu as déjà fait ce genre de choses avant? Ou c'est ta première fois?"

Je ne réagis qu'un peu trop tard aux mots "première fois", laissant un sourire éclairer mon visage. Oui cela avait un double sens dans notre monde, mais je n'y avais pas pensé avant de l'entendre résonner sous notre abris de fortune. Je m'étais encore rapproché d'elle, sans vraiment m'en rendre compte, je ne le réalisais que maintenant, avec son odeur qui m'envoûtait encore plus, cette fragrance plus présente au fond de mon crâne, comme une mélodie dont on n'arrive pas à se défaire. Je fermai les yeux un instant pour profiter de ce moment fugace, avant de les braquer de nouveau dans les siens.

"Tu peux manipuler ce mur pendant combien de temps à ton avis? "

A cet instant T je n'avais aucune peur, aucun recul, aucun doute. Si il avait fallut que je la transporte à l'autre bout de la terre, je l'aurai fait. Nous étions toujours dans notre chasse à nous. Elle était ma proie, et on ne lâche jamais une proie, quoiqu'il arrive. Ma respiration se calait sur la sienne, sans m'en rendre compte, emportait dans cet étrange danse que nous avions commencé à mener. Au milieu de cette tempête, sous son dôme, à quelques centimètres d'elle, je ne risquai rien, et j'étais prêt à la suivre jusqu'au bout de cette tempête, et même surement au-delà. Je laissai l'animal en moi s'exprimer, un ronronnement sourd sortant de ma gorge. La satisfaction d'être là, proche d'elle.

Finalement c'était peut être ça que je devais faire? Juste accepter ce qu'elle réveillait en moi, sans chercher à le comprendre.  Elle domptait la fureur de l'animal qui m'habitait en permanence, sans rien avoir à faire, je sentais presque mes sens se décupler, comme une force supplémentaire. Et qui cracherait sur une force supplémentaire. Je laissais un instant mon regard courir sur elle, cherchant la faille, cherchant l'embrouille, avant de retourner très vite à la source de son pouvoir sur moi: son regard, que je ne quittais plus.

"Si il montre des signes de fatigue, tu t'occupes de lui. Et si tu montres des signes de fatigue, je m'occuperai de toi. Si le deal te va bien sûr? Je ne voudrai pas te forcer à accepter !"



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Amber Trent
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Je ne savais pas comment me comporter quand j’étais proche de lui. Est-ce que j’étais sensée être en retrait, paraître distante ? Ou bien au contraire ?  Ce qui était certain c’est que si je laissais mon instinct me guider, j’allais le regretter.

« Si tu te contentes de rester un gentil chaton alors tout se passera bien. » Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire à sa question en secouant positivement la tête. « Et oui, j’ai déjà fait ce genre de choses. » D’une façon étriquée, cela répondait même au double sens de sa question. Etre avec un inconnu au beau milieu du désert ? Cela m’a d’ailleurs fait sourire en y repensant. « Mais ce n’était pas ici, c’était à côté du Sanctuaire.»

C’était si tentant de céder… Un peu comme le mur, mais je me devais résister malgré la tentation imminente. Je ne pouvais pas me le permettre, juste flancher pour le premier venu pour qui j’avais un tant soit peu d’attirance. Ce n’était pas honnête envers moi même, ni envers Logan. Cela faisait presque 3 mois qu’il était parti en service militaire et nous nous étions promis de mettre en suspend notre relation parce que c’était plus '‘simple’’, je n’étais pas encore  à l’aise avec cette idée. Peut-être Marshall pouvait sentir mon incertitude

«  Combien de temps… Je ne sais pas vraiment. J’ai plutôt vu ça comme une solution temporaire avant d’en trouver une meilleure. A vu de nez, je pense pouvoir tenir au moins une heure. »

Il n’y avait pas d’incertitude dans ma voix. Je savais que j’allais retrouver un moyen de retomber sur mes pieds. Le truc c’est que je ne savais pas encore comment. Ces détails étaient flous et j’avançais avec le courant.

«  Est-ce que c’est vraiment la peine de faire un deal tout de suite ? On peut pas juste voir comment tout cela tourne et prendre une décision sur le tas ? En général je m’en sors mieux quand je suis face au rush que provoque l’improvisation. »

Juste, qu’il me laisse penser ! Je redoutais que sa présence me freine. Il avait beau m’avoir prévenu plus tôt. Je savais qu’il était là et c’était suffisant pour mettre une ombre noire au tableau. Je voulais éviter d’obscurcir mon esprit de pensées pour faire le vide et me focaliser sur l’essentiel. Mais il faut dire que j’avais un mal de chien à le faire. Je crevais chaud, et ce n’était pas que la chaleur ambiante.

«  La protection reste la meilleure solution. » Un rempart n’était pas ce qu’il y avait de plus impressionnant, certes.  « Tu t’attends à quoi ? A ce que je prenne la vague pour surfer dessus ? » A ce moment, une lumière s’est allumée dans mes yeux. Un signe de folie, qui court dans la famille et qui se manifeste comme une étincelle dans le regard.

«  Oh… C’est dangereux. Très dangereux. »  Et complètement imprévisible.




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Marshall Marquez
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L'animal en moi réagissait de plus en plus, la tempête était sur nous, le vent commençait à se lever de plus en plus fort, luttant contre le mur de sable qu'elle avait monté, la température ambiante avait baissée, légèrement, on sentait que quelque chose se passait. Et chez moi l'instinct reprenait le dessus, je montrais les dents, reniflant le ciel, le dos rond, chaque muscle tendu prêt à réagir. J'étais toujours impressionné des réactions automatiques de mon corps, il y avait un danger qui rôdait, et sans que je n'ai rien à faire il réagissait. Et plus cela approchait plus je me rapprochai inconsciemment d'elle, j'aurai presque pu d'un l'enserrer dans mes bras tellement nous étions proche.

Il fallait que je décontracte ma nuque, que je reste concentré, maître de mes émotions. Pour résister à ce qui arrivait, au-delà même du mur de la jeune femme, je ne devais pas flancher. Garder le contrôle, finalement tout mon pouvoir reposait en permanence sur ces simples mots. Garder le contrôle. Ne pas devenir le monstre qui sommeillait en moi, ne pas me livrer à mes plus bas instincts, et surtout, ne pas me laisser aller dans une chasse sans fin. La grand chasse.

Je laissai un instant le parfum d'Amber m'envahir, apaisant, doux, agréable, cela me calmait un peu, détendant mes muscles par la même occasion. Je devais la laisser faire, elle était finalement la patronne, c'était elle qui décidait de comment cela tournerait.

"Tu as raison, laissons les choses se dérouler, nous aviserons au moment venu. C'est dans ce genre de situation que je suis le plus efficace de toute façon"

Je souriais, mon regard plongeait dans le sien, je m'étais encore rapproché. Mon visage était maintenant si proche que je pouvais sentir sa respiration sur ma peau, et cela provoquait en moi plus de frissons que la tempête qui s'amplifiait. Mais je devais prendre une décision humaine, et pas animal. Une décision portée par la réflexion et pas par mes instincts. Alors je me détournai d'elle. Aussi couteux que cela soit pour mes sens absolument tous sous son contrôle, je me détournai, lui présentant mon dos aussi abimé que le reste de mon corps, fermant les yeux un instant pour reprendre le fil de mes pensées, savoir vers où nous allions.

"J'ai confiance en toi Amber. Etrangement, sans vraiment savoir pour quoi. J'ai confiance en ta capacité à éviter le pire."

Debout là, dos à elle, j'étais concentré sur sa respiration. Calme, posée, sûr d'elle. Les yeux clos seul mon ouïe entrait en ligne de compte, et pour éviter de penser à cette tempête qui arrivait, je me concentrai sur elle. J'écoutais son coeur battre, décelant chaque battement, elle était devenu ma musique, rythmant mes pensées et mes gestes. Je laisses mes bras pendre le long de mon corps, faisant jouer chaque muscle de mon dos et de ma nuque, comme un coureur se préparant à un sprint. Ca dernière réflexion alluma en moi comme un défi. Dangereux? Voilà qui devenait intéressant.

"Tu veux t'amuser à surfer sur la tempête? Crois-moi si tu fais ça, j'aurai du mal à te suivre! Meilleur solution pour t'éloigner de moi tu me diras."

Oui car il le faudrait. Si aujourd'hui je restai encore en contrôle, arrivant à passer au-delà de mes instincts les plus bestiaux. Qu'arriverait-il si je la croisais dans mes périodes de rut? Je me connaissais, je savais comment j'étais fait. Personne ne me résistait à cet instant là, je ne me résistais même pas de toute façon. Si elle était dans les parages à cet instant alors... Vu comment elle m'attirait déjà dans mon état normal... Je reniflai un instant, je savais bien qu'elle... Enfin... Non, si je la croisai dans mon pire moment... Je pense que ni l'un ni l'autre ne résisterions, et elle finirait forcément par le regretter. Je prenais une profonde respiration tout à mes réflexion. Et sans me retourner, sans la regarder, je commentais juste.

"La tempête est là. A toi de jouer Amber"

Et je ne cillai pas, je ne bougeais pas, j'attendais.



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Amber Trent
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Je voyais son attitude devenir de plus en plus sauvage. Ses mouvements étaient imprévisibles, des élans ou sursauts révélants ce qu’il était à l’intérieur. Une part de moi s’est mise à douter sur sa capacité à se contrôler. Que se passerait-it ? Il y avait l’effet de la tempête grandissant mais je présentais que ce n’était pas la seule et unique raison.

« Toujours on-the-go.»  

L’incertitude planait dans mon esprit. Je pouvais sentir qu’il se rapprochait près de moi sans avoir à tourner la tête. Mon regard était trop occupé à surveiller le mur, notre première ligne défensive. Les poils se sont dressés sur mes bras  et ont fait vaciller ma concentration. Je me suis surprise à vagabonder sur des pensées osées qui reflétait la tentation que je ressentais. Mais dès que je m’en suis aperçue, j’ai secoué la tête pour les chasser.

Il était si proche de moi, j’ai eu le souffle court mais en un instant il s’est détourné et j’ai pu reprendre une inspiration plus grande. J’en ai profité pour me lever et donc cacher ma réaction.

«  Mmmh, que tu aies confiance c’est en quelque sorte rassurant  ? On ne se connait pas et je ne sais pas comment prendre ça. »

Je me suis mise à regarder en détail les cicatrices de son dos et à me demander de quelle nature étaient elles. Je n’arrivais pas à reconnaître. En soit les cicatrices ne me dérangeaient pas, elles racontaient une histoire et de là où j’étais, la vue était vraiment appréciable, il fallait l'avouer.

«  Je ne sais même pas si c’est concrètement possible. » J’ai tourné autour de lui pour revenir en face. «  Mais le meilleur moyen de savoir c’est d’essayer. Qui tente rien n’a rien. » Je n’ai pas relevé la fin de sa phrase parce que je ne voyais pas cela comme un prétexte pour m’éloigner de lui. Je ne préméditais pas à ce point mes pensées et paroles.

Ça paraissait vraiment fou. J’aimais me surpasser, viser plus loin et plonger dans l’inconnu. Une adrénaline-junkie qui ne se l’admettait pas. Mais c’était indéniable, je l’avais dans le sang. Je voyais cette tempête comme l’occasion rêver de me défouler.

Sur le mur, des craquelures qui montraient la puissance que le vent exerçait donnaient des signes de fatigue. Ce son de sifflement lointain s’intensifiait. Il n’y allait plus pour en avoir très longtemps. Je me suis mise à consolider la base assez pour protéger Marshall. Puis je me suis mise à réfléchir. Comment est-ce que je pouvais contrôler le sable par une déferlante pareille ? Je n’avais aucune prise. Il me fallait quelque chose qui fasse office de plateforme.

«Ok ok. Mais il faut que je trouve une idée avant. Comment est-ce que tu surfes sans planche ? Je ne dire je n’ai que le contrôle sur les grains de sable, je peux les agglomérer mais le vent, c’est la part d’aléatoire. Tout ce que j’arrive à penser est de l’ordre du bouclier. »  

Je n’étais pas seule alors autant en profiter. C’est souvent en période de crise, rush, qu’on a les meilleures idées.




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Marshall Marquez
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"Crois-moi, au moment critique, si tu as l'impression d'avoir quelqu'un qui a confiance a coté de toi, c'est plus simple que si tu as une personne qui est prête à prendre ses jambes à son cou!"

Et je souriais. Oui bien sûr qu'il y avait un risque, il y en avait toujours. Mais contrairement à beaucoup, le risque moi, c'était mon énergie. J'avais avec le temps appris à vivre avec, je vivais pour lui, par lui, à travers lui. Si il n'y en avait pas, je m'ennuyais.  Alors je restais là patiemment. Attendant qu'elle agisse à sa guise. Je sentais bien qu'elle s'activait, chaque fois une légère dose de ses phéromones était relâchés dans l'air. Vous saviez que les mutants libéraient une odeur particulière quand ils utilisaient leur pouvoir? Comme une sorte d'aura étrange qui émanait d'eux. Et chez Amber, à chaque fois, cela déclenchait ce parfum entêtant qui m'avait conduit à elle. Sans compter certaines phéromones de désir qu'elle pouvait répandre à intervalle régulier qui avaient une tendance à me rendre dingue pour être franc.

Mais je la laissais faire, dos à elle. Si proche, je fermais les yeux, et me concentrait uniquement sur le bruit du vent. Pas loin la tempête venait d'arracher une vieille tôle sur laquelle le sable glissait, émettant un son strident assez désagréable. J'entendais aussi le bruit de petits animaux, qui partaient s'enfuir dans des terriers. Leur course résonnait dans ma tête, apaisant mes pensées. Je me calmais petit à petit. Chaque bruit, chaque sensation, je l'analysais, Je savais ainsi ce qui nous arrivait dessus, je pouvais sentir sa puissance qui augmentait, je savais quels obstacles elle avait arraché pour venir s'abattre sur le mur de sable, et surtout de quoi Amber devait nous protéger.

Sa question me sortit cependant de ma méditation. La conscience accrue du danger, me rendait bien plus alerte. Mes muscles réagissaient au quart de tour, on aurait pu croire que j'étais prêt au combat. D'un autre côté c'était un peu le cas non? Le problème c'est que me sens aussi s'étaient aiguisé, et que me retourner pour me concentrer sur elle, me fit perdre pied quelques secondes. Son odeur me frappa de plein fouet, et là, sur l'instant, je ne ressentais plus que du désir. Détaillant son corps, imaginant sa peau, ressentant sa présence. Et surtout, me perdant dans ses yeux. Je grognais. Pas tant à cause de la tempête non, mais contre moi. J'étais incapable à cet instant précis de concevoir une donnée réaliste, je devais me ressaisir, et museler l'animal. Je secouais la tête, m'ébrouant au passage comme un félin sortant de sa sieste.

"Concevoir un moyen de se déplacer grâce à ca?"

Son pouvoir était impressionnant il fallait se l'avouer mais... Mais combien de temps? Construire un mur était une chose, mais modeler une tempête là... Là ce serait plus étonnant. Et surtout un sacré défi ! J'avais bien des idées, mais franchement. Je voyais mal comment les appliquer. Dans tous les cas il lui faudrait toute son energie et sa concentration, je ne ferai que la gêner.

"Peu importe le vent en fait. Le vent lui il va continuer son chemin, le sable se déposera au fur et à mesure. Le but pour toi serait de pouvoir utiliser une partie du sable pour te faire une protection, te laisser porter par le vent, et te déposer ensuite un peu plus loin" j'étais pas certain d'être très clair " tu peux modeler le sable, et visiblement pas qu'un peu si j'en crois ce que je vois. Là tu as fait un mur, imagine toi maintenant modelant une vague, ou une dune si tu veux. Quelque chose avec une forme faite pour glisser. Pas juste une planche, quelque chose de vaste pour pouvoir prendre autant de place que possible sur la tempête. Le vent te poussera forcement, et en consolidant ou justement, en diminuant un des côtés de la dune alors tu pourras modifier ta trajectoire, le vent emportant plus facilement la partie légère, et faisant tourner donc autour de la partie lourde, jusqu'à sortir des rafales." je crois que j'avais pas tenté d'expliquer un concept depuis longtemps, pas certain qu'il soit compréhensible sur le coup "Mais dans tous les cas je ne pourrai pas te suivre. Deux personnes sur ce genre de dispositif c'est trop, surtout si c'est la première fois que tu le fais. Je te rattraperai de toute façon, ne t'en fais pas pour moi, j'ai vécu pire!"

Et je souriais de toute mes dents, en me relevant, laissant l'adrénaline réveiller mes muscles. Je commençais même à me demander qui entre elle sur son embarcation, et moi à pied serait le plus rapide. Dans tous les cas, ça risquait d'être drôle... Très drôle même.



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Amber Trent
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Sans que je le sache, Marshall perdait la tête à cause de mon influence. Si j’en avais eu conscience j’aurais pu tenter de faire quelque chose pour minimiser l’effet. Mais pour tout avouer, moi et la prudence ne faisaient pas bon ménage. Il y avait ce feu qui brûlait en moi qui n’attendait qu’une chose : exploser. Il me parlait de confiance, et je ne sais pas pourquoi exactement, mais je l’ai cru. Comme réponse, je lui ai affiché mon sourire.

Tout ce que je pouvais voir c’est qu’il luttait contre quelque chose en lui, une force invisible. Je ne pouvais rien y faire pour l'instant, ce n’était pas ma bataille. Mon esprit était concentré sur cette fichue tempête. Plus elle se rapprochait et plus ma peau y répondait en hérissant les poils de mes bras. Je pouvais percevoir les vibrations que le sable causaient, à tel point que cela faisait vaciller ma tête. Je devais l’utiliser et non me laisser dominer par cette sensation étrange d’omniprésence.

J’ai écouté ses explications, mais je n’étais pas sûre d’avoir tout saisi. Littéralement, je me visualisais en haut de la vague de sable en train de skater la pente. Et puis j’ai réalisé.

« Il va falloir que je ne fasse qu’une avec la tempête. » me suis-je exclamée. « C’est bien plus que tête tout en haut et de tenir les rênes. Je vais devoir être consciente du chemin de chaque particules. Wow… » Je l’avais fait en rêve, ou plutôt dans le rêve de Garin, mais c’était un tout autre terrain. Je n’avais même pas de présence physique. Ici, c’était tout le contraire.

Ce n’était pas la meilleure de idées mais c’était tout ce que j’avais pour l’instant. Je n’étais pas assez expérimentée pour prétendre à dévier à distance la tempête, pour y arriver je devais être immergée ou du moins partiellement.

J’ai tapé du pied pour éclater le mur en face de nous. « Alors, prêt ? » L’onde s’est répandue et l’a dispersé.

J’ai joint mes mains pour ensuite écarter le flux de sable, comme on le fait pour un rideau. Cela a donné un court moment pour me donner l’avantage et ne pas perdre ma visibilité. Je me suis retournée, les bras levés en l’air pour à la fois garder mon équilibre mais avoir aussi plus de contrôle.

« Si tu veux courir, c’est maintenant. »

La puissance du vent croulait sur moi, je n’allais pas pouvoir lui résister longtemps. J’ai pris une grande inspiration, mon coeur battait à vive allure pompant l’adrénaline dans mes veines et me donnant l’impression que tout était possible. Le soucis, de par mon héritage génétique, cette sensation devient vite addictive. J’ai fermé les yeux et j’ai sentis mes pieds décoller du sol. Je n’étais plus qu’une feuille morte balancée dans le courant d’air.

Je ne sais pas vraiment ce qui s’est passé. Je ne pourrais pas mettre des mots précis. Tout ce que je sais c’est que je pouvais sentir l’ampleur du sable, ce que chaque grains causaient comme impact. Je ne voyais plus à travers mes propres yeux, pourtant je percevais tout.

Le soleil tapait cruellement. Le ciel n’était plus couvert. J’étais étalée contre le sol, recroquevillée et je n’avais aucune idée où est-ce que j’avais atterri. Tous mes points de repaire étaient faussés. J’ai ouvert un yeux. Où était passé Marshall ?!




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Ce qui était drôle, c'est qu'elle agissait immédiatement. J'avais à peine eu le temps de lui expliquer ce que j'imaginais, qu'elle se préparait déjà à briser notre protection. Autant dire qu'Amber n'avait pas froid aux yeux et ca me plaisait, ca m'amusait même. Je la fixais, regardant ses réactions, et plus le mur commençait à disparaître plus mes instincts prenaient le contrôle, je décidais alors d'une chose capitale: je devais enlever mes chaussure. Le contact du sable sur la plante de mes pieds, je serai déjà bien plus efficace. Et lorsqu'elle me demanda si j'étais prêt, c'est tout sourire que je me fixais sur elle. Déjà quasiment accroupi, mes mains touchant le sol. Bien sûr que j'étais prêt. J'étais un animal, courir ne me faisait pas peur, et taper un sprint encore moins. J'étais capable d'avoir de plutôt bonnes pointes de vitesse, je ne pouvais juste pas les tenir indéfiniment.

Et alors que je la regardais, légèrement inquiet il faut l'avouer, se laisser engloutir par la tempête, je pris l'impulsion nécessaire. Décalant d'un bond pour éviter le plus gros de la tempête, je laissais mes sens prendre le dessus, courant aussi vite que je pouvais pour ne pas être distancer. Je me repérais à l'odeur, je la suivais elle, elle était ma proie. Et malgré le bordel ambiant, je ne voyais qu'elle. Enfin voir... Je ne suivais qu'elle plutôt. Très vite j'arrivai à m'éloigner de la tempête, m'ébrouant au passage pour vider le plus gros du sable que j'avais emmagasiné dans mes cheveux. Je reniflai vite fait, et immédiatement la fragrance d'Amber me revient au narines, je savais où elle était, me restait à la rejoindre. Je repris ma course.

Et c'est là que je la vis, contre le sol, un peu perdue. J'étais encore trop loin pour qu'elle me repère, j'arrivai dans son dos, alors je me mis à courir pour m'approcher d'elle, en silence comme toujours, et avec toute la douceur dont un chat est capable, je m'accroupis derrière elle. Et je fis ce que j'avais repoussé depuis que je l'avais rencontré. Je la pris dans mes bras, la calant contre mon torse comme pour la réchauffer, ronronnant doucement pour la calmer, je voulais lui donner quelque chose auquel se raccrocher.

"Je suis là Amber."

Je laissais une main distraite caresser ses cheveux. Doucement sans forcer. Je connaissais bien ma force, et si elle voulait se détacher de moi là maintenant, elle le pourrait facilement.

"Tu sais que tu as été impressionnante là-bas? Tu m'as offert un super spectacle, ton pouvoir est vraiment puissant."

Et c'était le cas de le dire. Elle venait ni plus ni moins que de dompter une tempête. Y résister c'était déjà quelque chose, mais la dompter? Là franchement on atteignait un autre stade.

"Mais est-ce-que tu vas bien? Tu peux te lever?"

Car finalement c'était bien là la question principale. Etait-elle blessée? Alors il la serra un peu plus contre son lui, afin de la sentir respirer, sentir qu'elle se calmait, qu'elle retrouvait petit à petit conscience de où elle était, de ce qu'elle avait fait, et surtout de comment elle allait.



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Amber Trent
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Sauf que, j’étais complètement vidée. Il y avait suffisamment d’énergie à l’intérieur de moi pour me maintenir au stricte minimum. Je puisais sur mes réserves et je n’allais pas tenir très longtemps avant de sombrer. Mes yeux se sont ouverts, difficilement, et j’étais dans les bras de Marshall. Mon instinct premier aurait été de fuir, de ne pas me laisser faire, de percevoir cela comme un danger. Le soucis, c’est que je n’avais plus la force de le faire. Et puis, je me sentais bien, j’avais besoin de chaleur et de lumière pour me recharger. J’avais l’impression d’être à l’abris.

« Ok. Wow. Merci. En tout cas, je suis en train de déguster les effets secondaires. Ça c’était pas prévu au programme. Tu as quelque chose contre la gueule de bois ? Parce que c’est sensiblement la même sensation. » Plus l’impression de flotter et de ne plus rien peser.

Je me suis appuyée contre son avant-bras pour me relever. Ma tête tournait et je ne voyais pas clair du tout. J’ai stoppé net tout volonté de me relever immédiatement. Quand ma peau est entrée en contact avec la sienne, une pellicule de sable s’est répandue. Je ne m’en suis pas rendue compte

« J’en sais rien. C’est à peine si je réalise tout ce que je viens de faire. » Il allait me falloir un petit temps avant que mon esprit s’accommode.

J’ai porté ma main à ma tête, j’étais recouverte de grain de sable qui brillaient sous le soleil, comme si ma peau était incrusté ou facetté de particules infiniment petites.

« J’espère juste ne pas me liquéfier en tas de sable si je me lève ! »




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Marshall Marquez
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Elle semblait affaibli, fatigué, alors je la serrai un peu plus contre moi, laissant ma chaleur animale faire le reste. Je n'avais pas remarqué au départ le sable qui la recouvrait, trop préoccupé par son état pour me rendre compte que son pouvoir avait vraiment de drôles de tenants et aboutissants. Mais ce n'était finalement pas bien grave, je devais l'aider, elle n'était plus capable de grand chose. Il fallait prendre une décision et vite.

"Tu n'as peut être pas besoin de te lever."

D'un geste tendre, je passais mon bras sous les jambes de la jeune femme. Me relevant en priant pour qu'elle ne se désintègre pas dans mes bras, j'aurai eu l'air fin.

"Bon tu as bien du venir en véhicule non? Dis moi tu l'as laissé vers où ?"

Elle était finalement légère comme une plume, tout aussi légère que je le pensais au départ. Et me relevant doucement, j'assurai ma prise sur elle, la plaquant tendrement contre mon torse. Je ne voulais surtout pas la voir partir en miette, et encore moins lui faire mal. Il manquerait plus que ça. Elle avait déjà assez morflé comme cela sans que j'en rajoute.

"La gueule de bois, je t'avoue que je connais assez mal le système. C'est rare que l'alcool me mette dans cet état franchement." je lui souriais mon regard fixé sur son visage " Mais dis-moi... C'était comment là haut? Ca doit donner de sacrés sensations quand même!"

Faut dire qu'elle avait quand même chevauché une tempête, et cela n'était pas donné à tout le monde! Je l'enviais même d'un certains côté. Pouvoir assister à ce spectacle de là-haut, au première loge, dompter les élèments, devenir la nature elle même... Pour la bête que j'étais c'était.... Magique quasiment. Inespéré même. Réussir à se fondre dans la nature, devenir la nature, vivre au travers d'elle. Tout animal était déjà une partie de notre terre, mais elle... Elle était quasiment la terre, l'élément même, et elle le maitrisait et ça... Ça me laissait rêveur.

"Tu sais que tu accomplis un vieux rêve de l'humanité Amber? Dompter l'a nature elle même c'est pas donné à tout le monde! Même l'animal en moi t'envie, c'est pour dire!"



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Amber Trent
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Je rêvais ou bien je me faisais porter comme une princesse. Je n’avais plus la force, ni la volonté de me sortir de son étreinte. Et puis, qui allait dire non à preux chevalier qui se dévoue à vous amener ? Mon bras s’est retrouvé autours de son cou et je l’ai laissé là parce que j’étais confortablement calée contre lui.

« Mhm.. Pour faire simple. Par rapport au saule, cela suivait la route et elle menait à un garage où j’ai laissé ma voiture. »

A partir de là où nous nous étions croisés, le vieux garage était à une vingtaines de minutes à pied, si mes souvenirs étaient bons. Maintenant, restait à savoir où nous nous trouvions. J’avais du mal à reconnaître les alentours, ma vision n’était pas tout à fait claire.

« Sincèrement, grand gaillard comme toi qui ne prend pas de grosses cuites. Ça m’impressionne. Dans le bon sens. Concrètement, c’est comme si dans ma tête ça résonnait. Des gros tambours qui font boum boum. Le boum étant mes tempes. » J’ai fait oscillé doucement ma tête pour illustrer le tourbillon.

« Là, je t’avoue que c’est encore très flou dans mon esprit. Tout se bouscule. Je me souviens avoir ressentit une sensation de liberté. Mais aussi d’omniscience, je pouvais sentir le moindre grains de sable et donc l’utiliser comme une sorte de radar. Ce qui explique ma vision totalement brouillée. Je ne l’utilisais pas, je ressentais tout. »

Je me suis mise à rigoler sur sa dernière remarque.

« Le rêve de l’humanité peut-être pas. Parce que je n’ai pas eu l’impression de l’avoir dompté. Un défis personnel ? Ça, c’est sûr. Est-ce que je le referait ? Mmmh… Sans hésitation. C’est grave docteur ? »

Le sourire que je lui affichait reflétait la tête brûlée en moi.




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Marshall Marquez
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Assurant ma prise sur elle, je me mettais en marche vers le lieu qu'elle avait désigné. Pour moi elle était comme du sable, aussi légère. Bon après tout pour moi, certaines voitures étaient légère, donc ce n'était pas vraiment une référence. Je marchais à bonne allure, sans un bruit, j'étais capable me déplacer ici avec une aisance animal, ce qui au fond, était parfaitement logique. Je sentis la jeune femme se caler confortablement avec moi, et je lui adressai un énorme sourire.

Le saule se trouvait à pas mal de lieu, mais si il y avait un garage, il y aurait l'odeur. Je prenais donc la direction sans même douter un instant que j'arriverai à destination. Dans mes bras j'amortissais chaque choc du sol, je voulais qu'elle soit le plus stable possible, collée contre moi, dégageant ma chaleur animal pour combler ce qui pouvait lui manquer comme force. Je réfléchissais à ce que je venais de voir. J'avais vu des élémentaires dans ma vie, mais rarement couplé avec le sable, c'était... Nouveau. Jusqu'où cela pouvait donc s'arrêter? Boarf après tout, on faisait bien des hommes avec des animaux, alors pourquoi pas des femmes de sable franchement ?


"Ho tu sais les cuites, c'est surtout qu'il faut beaucoup beaucoup beaucoup d'alcool pour me rendre stone. Et que j'ai pas un porte monnaie aussi extensible que mon foie!"

Et je souriais encore plus. Ce n'était pas tout à fait exact. J'appréciais une bière de temps à autre, mais l'alcool n'était pas mon délire à moi. Je ne supportais pas d'endormir mes sens. On m'avait donné un immense pouvoir, quel droit avais-je pour l'assommer sous des seaux d'alcools ?

Elle semblait douter, et pourtant ce qu'elle avait fait été énorme, oui elle avait du pouvoir, beaucoup de pouvoirs. Il ne fallait surtout pas qu'elle en doute.

"Franchement de toute ma vie, je n'avais jamais vu ça Amber!" j'ajustais ma main dans son dos, pour répartir les chocs du sol sur lequel je courrais, en remontant légèrement jusqu'à sa nuque. " Vu ce que tu as vécu cela ne m'étonne même pas que ce soit encore flou pour toi. Tout ce sable, et toi là..."

Les images de ce que je venais de voir repassaient dans ma tête. De mon point de vue de chasseur j'avais pris le temps d'analyser, et pourtant même moi, je n'avais pas tout compris à ce qu'elle avait fait. Je n'avais d'ailleurs même pas tout vu.

"Non ce n'est pas grave. Tant que tu arrives à connaître tes limites. Se mettre en danger est une bonne chose, cela nous pousse en avant, mais... risquer sa vie inutilement n'a aucune sorte d'interêt"

J'ai toujours pensé qu'il fallait mourir pour une cause, pour une bonne raison. Donner sa vie dans une bataille était une mort glorieuse, mourir écrasé sur la route car on a pas vu un camion c'était con.

"Après... Je suis un guerrier, un chasseur, ma vision est sûrement déformée par rapport à la vie de tous les jours. Pour moi repousser ses limites c'est bien, il faut juste apprendre à dire non quand on sait que le jeu n'en vaut pas la chandelle."



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Amber Trent
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Le sable restait collé à ma peau et ne semblait pas s’en détacher. La chaleur de Marshall additionnée à celle du soleil me rechargeait en énergie progressivement.

« Je suppose que ça fait partie des aléas. Il vaut mieux ça que l’inverse et devenir alcool- » ma voix s’est muée en un bâillement, j’ai porté ma main libre à ma bouche. « Pardon. C’est le contre-coups. »

Mes paupières se faisaient lourdes et je n’arrivais plus à calculer les événements, je me laissais portée, protégée. J’étais un amas de sable fragile, à mes yeux il était une montagne.

« Pour tout dire, je n’avais jamais rien fait de pareil. Je me lançais dans l’inconnu. Et… Il y avait une partie de moi qui exultait face au danger que cela représentait. A cause de l’adrénaline oui, mais je pense qu’il y a plus que ça. C’est plus que de la fougue ou l’envie de tester ses limites. »

Il y avait cette addiction à la puissance qui coulait dans les veines de ma famille et qui a particulièrement été démontré par les agissements de mon père. A plusieurs reprise il a montré à quel point le feu pouvait être dévastateur : que ce soit lors d’un accident provoqué dans un aéroport, lorsqu’il s’est fait passé pour mort lors d’un immense incendie à Baltimore ou bien pendant la bataille de Lux Aeterna en 55. J’ai l’impression qu’il y a cette folie en moi, héréditaire.

« Je ne sais pas comment l’expliquer. Mais j’avais vraiment ce désir d’y arriver. De me prouver que c’était plus qu’un défis. Je ne l’ai pas vu comme un jeu mais plutôt un moyen de révéler ma nature. »

C’était farfelu. J’ai relevé les yeux sur lui pour voir son expression. Si il ne me prenait déjà pas pour une folle, je lui donnais maintenant toutes les raisons de le penser. J’ai laissé un silence passer. Je pouvais sentir son allure régulière me bercer au fur et à mesure de ses pas.

« Quoiqu’il en soit, c’était grisant. Ca... je m’en souviens ». Et c’était peut-être ça le danger, vu mes antécédents génétiques.

J’ai baillé encore une fois. A un moment donné, j’ai baissé ma garde. Mes paupières étaient lourdes et je les ai fermé avant d’être portée dans les bras de Morphée.




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Marshall Marquez
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La jeune femme pesait autant qu'une plume au creux de mes bras, et franchement, j'avançais à une allure plus qu'honorable. Cependant je ne poussais pas trop la course. Il y avait une réalité, c'est que je ne voulais pas la bruser, je voulais qu'elle se repose, qu'elle soit sereine. Alors je l'écoutais, je l'écoutais m'expliquer ce qu'elle avait ressenti, ce qu'elle avait voulu vivre, ce qu'elle avait vécu même.

Et je souriais. Elle essayait de se révéler, au travers du risque, du danger, découvrir ce qu'elle était et ça... C'était humain. Nous l'avions tous fait. Combien de fois, je m'étais poussé à risquer le tout pour le tout afin de savoir ce que j'étais, afin de comprendre ce que l'animal en moi m'avait fait devenir?

J'avais chassé au milieu du désert, poursuivi des animaux sauvages à la course, j'en avais même tué certains à main nues, pour voir jusqu'où j'étais capable d'aller. Qui étais-je pour lui jeter la pierre? Nous n'étions finalement pas si différent: juste des humains dotés de pouvoir étranges, que nous voulions comprendre et appréhender.

Cependant je restais sur mon idée principale, celle qui ne m'avait jamais quitter. Mourir pourquoi pas, mourir pour rien certainement pas. Nous avions des responsabilités, car nous avions ce pouvoir. Et parce que nous avions des responsabilités, nous ne devions pas mourir sans but. J'en avais connu des mutants qui s'étaient laissés aller, grisés par leur pouvoir, tentant le tout pour le tout, et ne se relevant jamais. Stupide.

Mais finalement c'était tout autant le guerrier en moi que l'animal qui parlait dans ce cas là. La préservation de l'éspèce coûte que coûte, la survie en milieu hostile, avancer encore et encore, jusqu'à ce qu'on ne puisse plus le faire. Et mourir alors, dans un ultime combat pour une liberté que nous avions mérité.

Voilà ce que j'étais, et voilà comment je le voyais. Et pourtant je lui souriais, fixé sur elle, sur la route que j'empruntais pour la ramener à l'abris. J'étais... Là pour la protéger après tout, depuis que j'avais senti son odeur, depuis que je l'avais rejointe, je n'avais que ça en tête, veiller à ce qu'il ne lui arrive rien. Alors je la serrai un peu plus contre moi diffusant la chaleur que je pouvais à cette si jolie femme.

"Je comprends parfaitement ce désir d'aller plus loin Amber... Et tu devrais être fière de toi, tu as finalement réussi."

Je sentais bien qu'au creux de mes bras elle s'endormait petit à petit, je laissais donc mon ronronnement enfler un peu afin de la bercer. Je sentais sa respiration se calmer, ses doigts contre mon torse nu, et je savais qu'elle se reposait.

Le voyage fut court, bien plus que je ne le pensais. Une fois Amber endormie j'ai pu adopter mon rythme de croisière, et la distance se réduisit à vue d'oeil. D'ailleurs je repérais assez rapidement le garage qu'elle avait mentionnée. Et un peu avant d'y arriver, je m'arrêtais sur le bas côté, une main caressant la joue de la jeune femme je murmurais pour la sortir de son sommeil, diminuant peu à peu mon ronronnement.

"Nous sommes arrivés Amber. Tu vas pouvoir récupérer ton véhicule. Tu es en état de conduire ca ira?"

Manquerait plus qu'elle se plante avant d'être rentrée après ce qu'elle venait de faire!



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Amber Trent
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J’ai ouvert les yeux sentant un contact sur ma peau. J’en étais là où je m’étais arrêtée. Marshall me tenait précieusement contre lui, cette étrange attirance, je ne la comprenais pas. Je notais qu’il n’avait en aucun cas profité de moi et qu’il avait tenu sa promesse de me ramener à bon port.  Encore imbibée de sommeil, je retrouvais mes esprits. J’ignore combien de temps j’ai sombré, mais en tout cas c’était assez pour me redonner assez d’énergie pour continuer.  

Des flashs me revenaient, incompréhensibles, de ce que j’avais rêvé. Ils ne faisaient aucune cohérence. Pourtant, j’ai su que j’avais vu une jeune femme brûler par colonne de feu, j’ai crû reconnaître Kirsten, ma mère mais ça n’avait aucun sens. Dans une foule d’image en vrac j’ai vu : un grand bâtiment en brique s’effondrer, un tigre se libérer de sa cage, un océan de sable sans fin et une foule de personne en train de paniquer en fuite. A mesure que je me réveillais, mes rêves s’effaçaient déjà.

Marchand de sable… J’y repensais encore. Quelque part dans toute cette confusion il y avait un lien.

Mon corps se sentait crispé d’avoir été dans cette position pendant un long moment. Je me suis appuyée contre ses bras pour retrouver le sol, qui me paraissait si bas quand il me tenait contre lui.

«  Merci de m’avoir raccompagnée. Je pense que ça ira oui. Je me sens déjà mieux que tout à l’heure. Je pense être capable. Et puis mon chemin de retour n’est pas très compliqué alors ça ira. Je devrais m’en sortir comme un charme. » Les grains de sable quittaient peu à peu ma peau comme de minuscules paillettes dorée à chaque pas que je faisais.

« Je peux faire quelque chose pour toi ? » je lui ai offert un sourire sincère de gratitude. J’espérais qu’au moins en dormant, je n’avais pas tiré de drôles de tronches, en terme de glamour c’est le palier ultime !

Je me suis avancée jusqu’au garage. C’était un simple bâtiment fait en taule. Il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond, tout était bien trop calme. La porte a crissé en tournant lorsque je l’ai poussé. Il n’y avait personne. Est-ce que je devais m’inquiéter pour autant ? Mes clefs étaient là je les avait laissé, sur le plan de travail où il pratiquait son passe-temps : créer des petits jouets mécaniques.

«  Ok. Normalement Phil devrait être là. Ce n’est pas dans ses habitudes. Ce garage c’est en quelque sorte sa maison. » J’ai rangé les clefs dans la poche de mon short en jean. Peut-être qu’il y avait des indices ? Une note que je n’aurais pas vu disant qu’il s’était absenté. Je me suis mise à chercher en regardant les alentours. Finalement, je me suis retournée vers Marshall.

«  Est-ce que tu sens quelque chose ? »  




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Archibald Akton
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[HJ] Alors oui je me suis trompé de compte gros smile mais je t'avoue qu'après un Succés/Succès, j'ai pas super envie de reposter gros smile Mais si il faut je recommencerai gros smile :p [/HJ]




Elle sortait peu à peu de sa torpeur. Doucement, sans brusquer je la laissais reprendre ses esprits. Mon pouvoir à moi était passif, il ne puisait pas dans mon énergie. Mais je savais que trop bien pour en avoir croisé ce qu'un positif actif pouvait sentir dans ces instants. Ils leur fallait contrôler, activer, gérer. Moi je n'avais pas ce problème, si j'étais fatigué c'est que j'avais forcé, rien de plus.

Alors je lui laissais le temps de replonger de plein pied dans la réalité.

" Ok. Mais si tu le sens pas dis moi, ce sera avec plaisir que je te porterai encore un peu plus loin"

Et je lui adressais un clin d'oeil en souriant. J'aurai pu la porter comme ça jusqu'à la ville si il fallait, cela ne me dérangeait pas. Et puis j'aimais sentir son parfum tout contre ma peau, ca avait un effet grisant sur moi.

"Oui tu peux faire une chose. Me promettre que la prochaine fois que tu testeras ça tu le feras pas toute seule dans le désert! Vu l'état dans lequel tu es au sortir de tes expériences, je serai rassuré de savoir que quelqu'un veille sur toi."

Car je ne serai pas toujours là. Alors bien sûr si je rôdais encore dans le coin, et que je sentais son odeur, il y avait de forte chance pour que je rapplique ventre à terre. Mais seule??? Qui l'aurait ramené? Protégé? Veillé sur elle? Personne... Alors oui, la jeune femme était solide, et avec un tempérament certain, mais elle n'en restait pas moins fragilisé après l'utilisation de son don, et la solitude au milieu du désert n'avait jamais aidé personne à survivre.

Quand elle pénétra dans le garage, quelque chose changea légèrement en elle. Comme un questionnement. Son langage corporelle la trahissait, y'avait un truc qu'elle pigeait pas... Et puis elle me demanda si je sentais quelque chose, si je pouvais suivre une trace? Voilà qui était étrange...

" Phil?? Le garagiste?"

Ainsi il y avait bien un truc qui clochait. Quelqu'un devait être dans le coin et n'y était pas... Il était logique que la jeune femme s'inquiète.


Lycooooooooooos:
 


" Et bien sûr que je peux sentir quelque chose! C'est ce que je fais de mieux!"

Ca et mon job de brute mais c'était un autre débat.... Je ramassais un torchon laissait par l'homme, le reniflant patiemment... Oui en effet son odeur était caractéristique, un brin épicé, et beaucoup de faux café. Je laissais un instant mes instincts prendre le dessus, avant de me tourner vers Amber.

"Par là, la porte de derrière, je peux te guider jusqu'à lui si tu veux. Il est sorti par la porte de derrière."



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Butterfly Effect
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Le membre 'Archibald Akton' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'Quitte ou double' :


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Amber Trent
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[Aucun problème ! C’est pas bien grave.]

«  Non non. Ca devrait aller. Vraiment. Je me sens bien. »

Je n’avais plus de sensation de somnolence. Certes pas d’une forme olympique mais juste ce qu’il faut pour me permettre de retourner chez moi. Et puis à vrai dire, c’était tout ce que j’aspirais à présent, j’avais eu ma dose d’aventure.

En revanche, je gardais encore trop d’égo pour me dire que j’aurai été capable d’y arriver toute seule, sans l’aide de personne. A sa requête j’ai hoché la tête positivement en esquissant un sourire.

«  Oui. La prochaine fois je ferai en sorte de ne pas être toute seule. » Bien que je n’avais aucune idée quand est-ce qu’il y allait avoir une prochaine fois.  

Je continuais à sonder les alentours mais ce n’était pas mon point fort. Lorsque Marshall m’indiqua qu’il avait trouver une piste, je me suis sentis soulagée. Je l’ai suivi par la porte de derrière qui menait là où les voitures étaient garées. A première vue, aucun signe de Phil. Je restais perplexe. La bonne nouvelle, c’est que ma voiture était toujours là. Mon bon vieux tacot ! J’ai ouvert la portière et je l’ai fait démarrer. Le son étrange était toujours là, ce qui signifiait qu’il n’avait pas pris le temps de l’inspecter depuis mon départ.  

Et puis j’ai entendu un gros boum, comme un amas d’objets métalliques qui tombaient.

_ Qui va là !
_ C’est moi. Amber. Ne me dit pas que tu as eu la trouille de la tempête ?
_ D’habitude non. Mais là, je n’avais jamais vu une tempête de sable comme ça. Ca m’a fait claquer des dents.
_ Et alors tu as choisi de te réfugier dans un tas de débris… Je me suis mordu les lèvres pour m’empêcher de rire et j’ai lancé un coup d’oeil à Marshall
_ Ne te fiche pas de moi jeune fille ! Ca a fait trembler mes vieux os !
_ Promis.
_ C’est qui ce malabar ?
_ Marshall, je te présente Phil. Il a levé sa tête, il était petit et sec. Je me demandais toujours comment il faisait pour vivre ici par lui même. Est-ce que je peux prendre ma voiture ?
_ Bien sûr. Laisse moi aller chercher ta clef.
_ Pas la peine je l’ai. Je te dois combien ?
_ Tu me dois rien. C’était juste un boulon de coincé, c’est pour ça que le moteur faisait un drôle de bruit.
_ Ah ben parfait alors. Je te remercie.
_ Je vais t’ouvrir le garage pour partir. Et ton copain il part avec toi ?
_ Euh… J’ai regardé Marshall. Besoin que je te dépose quelque part ? Je vais à Mégalopolis dans la Ville Basse.  




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Marshall Marquez
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Visiblement, Amber avait ses habitudes avec ce petit homme. Comme quoi, elle était bien plus intégré à cet univers que je ne le pensais. Lorsqu'elle me présenta à Phil, j'acquiescais simplement d'un mouvement de tête et d'un grognement que je voulais amical. Quoiqu'à la réflexion, un grognement ne semblait jamais amical.

Je restais là, à les écouter discuter de sa voiture, de la tempête et du reste, lorsque la proposition me vint aux oreilles. Je me retournai vers Amber en souriant, toute canine dehors.

"Ca ira merci. Je n'ai pas encore fini ma virée sauvage moi. Le frisson de la chasse n'attend pas."

Je décontractais un instant les muscles de mon dos, me dirigeant vers la porte. Je gratifiais Phil d'un mouvement de tête, et Amber d'un sourire.


"Fais gaffe à toi Amber. Et si tu as besoin d'un animal un jour, cherche dans le désert, avec de la chance tu me tomberas dessus. Et au pire c'est moi qui te tomberait dessus."

Je passais la porte dans un sprint, sautant par dessus chaque obstacle qui se dressait sur ma route. Il était temps de retrouver ma liberté, mon plaisir à moi, et surtout de ne penser plus qu'à ca. Ho oui j'aurai pu la suivre, finalement elle allait là où j'allais. Mais je n'avais pas fini de profiter du désert, pas encore. Je n'étais pas prêt à ca.


[HJ: Si ca te dérange pas on va clore ici :) ]



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[J'allais te proposer la même chose, donc ça me va. ]

« Je comprend. Je suis pareille, le désert c'est chez moi.»

A présent, Marshall comprenait mon attachement pour ce lieu, ce qui curieusement nous créait un lien spécial que je ne pouvais partager avec personne d'autre. Installée dans la voiture, la fenêtre ouverte, je lui ai souri.

« Et puis oui. Qui sait, nos chemins se recroiseront un jour. » Je ne voulais pas que cela soit la dernière fois, je désirais vraiment le revoir. Une fois piquée par la curiosité, elle a tendance à se transformer en obsession. Où, quand, comment ? C'était là toute la question, mais après tout, le futur a tendance à me jouer de drôles de sorts.

J'ai démarré mon tacot, par deux fois et puis je suis dirigée vers Megalopolis, la tête pleine de sable...




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[CLOS] [Marshall/Amber] Predator & Prey
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